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    Une réforme des miracles à Lourdes

Il n’y aurait plus de miracles à Lourdes ! La rumeur a commencé de se répandre dans la presse régionale. La dernière guérison a été officiellement reconnue en 2005. C’était celle de l’Italienne Anna Santaniello, qui souffrait d’un rhumatisme articulaire aigu (ou maladie de Bouillaud). Les trois précédentes guérisons ont été reconnues en 1999, 1989 et 1978. A peine un miracle tous les dix ans. En 1858, l’année des apparitions, l’Eglise avait reconnu pas moins de sept miracles !
L’évêque de Lourdes, le bouillonnant Jacques Perrier, ne pouvait laisser la situation en l’état. D’autant que l’Eglise catholique doit subir tous les jours et sur tous les continents la rude concurrence des Eglises évangéliques et pentecôtistes protestantes, qui ne lésinent pas sur les miracles.

La cause du déclin lourdais a vite été identifiée. Les critères fournis par Rome pour authentifier une guérison miraculeuse sont obsolètes. Ils ont été définis en 1738 par le cardinal Prospero Lambertini, qui devait monter peu après sur le trône pontifical sous le nom de Benoît XIV.

Les critères encore en vigueur à Rome qui servent à authentifier les miracles obtenus par l’intercession des futurs saints et bienheureux sont très contraignants : il faut que la maladie soit incurable, que la guérison soit soudaine, obtenue en un instant, parfaite et sans rechute. Lorsque le dernier miraculé français, Jean-Pierre Bély, est mort, en 2005, le bureau médical des sanctuaires de Lourdes a pris soin de préciser que la cause du décès était "sans rapport avec sa maladie initiale", une sclérose en plaques. En quelque sorte, il était mort guéri.

Un critère, en particulier, pose problème à Mgr Perrier : théoriquement, il faut que "nulle médication n’ait été donnée ou, s’il est avéré que des médicaments ont été prescrits, qu’ils n’aient pu avoir d’action utile". Voilà qui complique singulièrement les choses avec les progrès de la médecine. "Cela rend impossible la reconnaissance de toute guérison miraculeuse d’un cancer", se lamente Mgr Perrier. Imagine-t-on un cancéreux venant à Lourdes sans avoir subi au préalable une chimiothérapie ou une radiothérapie ? "Même si le traitement paraît inefficace et si la personne guérit en priant Notre-Dame de Lourdes, la guérison ne pourra jamais être retenue, explique l’évêque dans un texte paru dans son bulletin diocésain. Il sera toujours possible de dire que, finalement, c’est le traitement qui a agi pour la guérison."

Mgr Perrier déplore aussi "la prudence des médecins", qui hésitent trop souvent à formuler un diagnostic de guérison. Des précautions dont ne s’embarrassaient guère leurs prédécesseurs du XIXe siècle. Désormais, les miracles estampillés par l’Eglise et la Faculté arrivent au compte-gouttes. Seulement 67 ont été reconnus depuis 1858. Ne dit-on pas que 3 000 miracles non authentifiés dorment dans les tiroirs du médecin des sanctuaires ? L’évêque de Lourdes aurait aimé que le Vatican assouplisse les critères du XVIIIe siècle. Mais une réforme n’est pas à l’ordre du jour. Les Romains confessent sotto voce qu’ils prennent quelques libertés avec ces règles, "à l’italienne". Mais de tels accommodements avec le ciel s’accordent mal avec la mentalité française cartésienne.

Mgr Perrier fait donc une proposition pragmatique : que les évêques français distinguent trois "degrés" de miracles. Il y aurait d’abord les "guérisons inattendues". Parmi celles-ci, un complément d’enquête aboutirait à reconnaître des "guérisons confirmées". L’étape ultime serait celle de la "reconnaissance du caractère exceptionnel de la guérison" par le Comité médical international de Lourdes (CMIL).

Mgr Perrier se défend de vouloir "brader les miracles". Il rappelle qu’il s’agit d’abord d’une "question qui touche à la foi".

Une "guérison exceptionnelle" devrait être rendue publique au cours des prochains mois. La malade, qui souhaite garder l’anonymat, est une Française. Elle était atteinte d’un lymphome malin diffus de la plèvre non hodgkinien de type B, avec complications.

Xavier Ternisien Le monde

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