La famille Trackoen veut retrouver Marie, pour qu’elle assiste à l’enterrement de son père
C’est un drame qui en cache un autre. Vendredi, Monique Trackoen, 61 ans, a perdu brutalement son époux, Michel, d’un infarctus. Pour ses funérailles jeudi, elle aimerait avoir à ses côtés sa fille, Marie, 28 ans, sous l’emprise d’un groupe déviant de l’église adventiste du 7e jour, dont elle a perdu tout contact depuis plusieurs mois.

La famille espère que Marie sera présente pour les funérailles, ce jeudi, à 10 h, à Cysoing.
Dans le salon familial, Nathalie, Nicolas et Laurent entourent leur mère. Le regard clair. Digne. Elle doit mener un nouveau combat, qu’elle n’avait pas prévu, la mort brutale de son mari, Michel. Il ne sera plus là pour continuer à rechercher leur fille Marie de 28 ans. « Elle est sous l’emprise d’un groupe déviant de l’église adventiste du 7e jour », s’inquiète Monique. « On ne s’en est pas aperçu tout de suite. »
Marie a toujours été une jeune femme fragile, en quête de sens : « Elle se cherchait. Pourtant, elle avait trouvé un travail à Tours en 2015, comme animatrice d’une association des Compagnons des bâtiments. » La même année, elle se rapproche de l’église adventiste du 7e jour, par le biais d’une amie. Elle rejoint un centre de santé au Portugal en janvier 2017 suite à une brusque perte de poids « mais on apprendra plus tard qu’il s’agit d’un centre adventiste » et y fait la connaissance d’un couple d’Allemands. Plusieurs mois plus tard, elle convie ses proches à son baptême. Tous s’inquiètent du discours tenu. « Ils disaient, si avec votre famille, ça ne va pas, nous, on sera votre famille », ne peut oublier Monique.
À Noël, les proches voient arriver, à Louvil, un groupe de missionnaires. « On a vu Marie se transformer en quelques jours. Elle allait les voir et elle a commencé à dire qu’elle voulait créer un centre de santé. Elle était imperméable à toutes discussions. » Monique lui demande de rester une journée de plus pour renouer le dialogue. Sa fille refuse, repart à Tours et lui annonce avoir donné sa démission, et partir en itinérance avec le groupe de missionnaires. Monique se rapproche du Centre national d’Accompagnement Familial Face à l’Emprise Sectaire (CAFFES) qui lui conseille de garder le lien, de ne pas contrarier Marie. Par des échanges de textos, la famille apprend qu’elle dort dans sa voiture. Puis, Monique reçoit un coup de fil de l’agent de l’immobilier qui ne peut réaliser l’état des lieux : « Marie y était enfermée avec le groupe de missionnaires. » Un second rendez-vous est fixé, « j’ai eu un mauvais pressentiment, j’y suis allée. » Elle y découvre Marie avec ce couple, « complètement manipulée. Elle voulait nous parler et après consultation du couple, a refusé et est partie en courant. » Marie leur annonce le lendemain par SMS couper les ponts avec sa famille. « Et, depuis, on n’a plus de nouvelles. » Ses proches ont appris, par leurs recherches, que Marie avait vendu sa voiture, que sa ligne téléphonique était coupée, et que le « groupe était considéré comme déviant par l’église adventiste qui a d’ailleurs fait un signalement dans plusieurs pays européens. » Un signalement a été déposé à la police, « on a saisi la Miviludes, et envoyé plusieurs courriers au procureur. L’instruction serait en cours, en vue de sa fragilité. »

La Miviludes, c’est quoi?
En 2002 a été créée la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Elle est directement placée sous l’autorité du Premier ministre. Son rôle est d’observer l’évolution des mouvements à caractère sectaire. Elle a une action préventive puisqu’elle informe le public des risques et des dangers. Elle remet chaque année un rapport d’activité au Premier ministre. La Miviludes est également chargée de faciliter la mise en œuvre d’actions d’aide aux victimes des dérives sectaires. Elle coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics et dénonce auprès des procureurs les agissements sectaires.
La famille de Marie a contacté cette mission. Anne Josso, secrétaire général, a reçu « un premier signalement en mars. En mai, la situation est devenue plus préoccupante avec un départ à l’étranger dans un groupe missionnaire itinérant. La Miviludes a pris contact avec les services extérieurs et partenaires étrangers pour les alerter. Compte tenu du drame de la perte du papa, on a actionné l’ensemble des relais pour tenter de la localiser. »

http://www.lavoixdunord.fr/400410/article/2018-06-19/la-famille-trackoen-veut-retrouver-marie-pour-qu-elle-assiste-l-enterrement-de
19/06/2018

 

Pas de nouvelles de Marie, sous l’emprise d’un groupe sectaire

La famille Trackoen espérait que Marie assisterait aux funérailles de son père, Michel, jeudi dernier. La jeune femme de 28 ans, sous l’emprise d’un groupe déviant de l’église adventiste du 7e jour, n’a plus donné signe de vie à ses proches depuis plusieurs mois. Ses proches poursuivent les recherches.

« J’avais espoir que Marie soit présente à l’enterrement de son père » glisse sa mère, Monique, avec retenue. Mais, la jeune femme de 28 ans n’est pas venue, et n’a contacté personne. La maman a relancé par courrier la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pour réactiver les recherches. « Je demande à l’État deux choses. D’abord de localiser ma fille. Une de ses amies est en contact avec le leader de groupe déviant qui dit ne plus avoir de contacts avec elle. Et si le ministère de la Justice est bien au courant de cette affaire ? J’avais envoyé une lettre au cabinet du Premier ministre à la mi-mai. »
En attendant, les frères et sœurs utilisent les réseaux sociaux pour étendre les recherches sur la toile. « On a posté un message en français, allemand et anglais pour qu’il soit partagé le plus possible. Le reportage télévision de France 3 sur notre sœur a, déjà, été vu plus de 70 000 fois », ajoute Laurent, le plus jeune frère de Marie.
Lors de l’enterrement de Michel Trackoen, des membres de la communauté adventiste de l’église du 7e jour « ont confirmé qu’ils se mobilisent, eux aussi, à leur niveau pour retrouver Marie. Ils condamnent ce groupe de missionnaires. Ils ont d’ailleurs été chassés de la communauté. » Mais, depuis, personne n’aurait retrouvé leurs traces. « Ils auraient peut-être rejoint l’Allemagne. »

http://lavdn.lavoixdunord.fr/404485/article/2018-06-26/pas-de-nouvelles-de-marie-sous-l-emprise-d-un-groupe-sectaire
26/06/2018