Révélation. Selon ses enfants, Lucien Engelmajer, 86 ans, aurait succombé à un arrêt cardiaque dans une clinique du Bélize, après le passage du cyclone
«-Dean-».

{{Le Patriarche serait mort en Amérique}}
La nouvelle n’a pas été confirmée de manière officielle. Selon sa famille,
Lucien Engelmajer, le Patriarche, âgé de 86 ans, serait mort jeudi matin dans
une clinique du Bélize, en Amérique centrale. L’ancien fondateur de la très
controversée association d’aide aux toxicomanes qui avait prospéré dans la
banlieue toulousaine dans les années 70 puis en France et en Europe, dans les années 80 aurait succombé à un arrêt cardiaque. Joint au téléphone mardi dernier, le fils du Patriarche, Pascal, avait annoncé que l’état de santé de son père s’était fortement aggravé (notre édition de mercredi.) Lucien Engelmajer, en fuite depuis 20 ans et établi au Bélize, ce petit état proche du Mexique, aurait été victime d’un AVC à la suite du passage du cyclone «-Dean-» dans cette région du globe. Retrouvé dans une rue, extrêmement diminué, il aurait alors été admis dans une clinique souffrant notamment de déshydratation. Selon ses proches, le Patriarche serait mort dans cet {{établissement de soins jeudi matin.

quai d’orsay}}
Joint hier au téléphone, le Quai d’Orsay n’a pas eu de confirmation officielle
de la nouvelle d’autant plus que Lucien Engelmajer n’est pas considéré comme ressortissant français. Apatride, il a depuis longtemps opté pour la nationalité Bélizéenne.

Aujourd’hui, ses enfants tentent d’organiser le rapatriement en France de la
dépouille de leur père qui avait toujours souhaité être enterré aux côtés des
siens, en région toulousaine. De son vivant et à plus de 8 000 km de Toulouse, il avait déjà émis le souhait de revenir ici pour se faire soigner. Son état de santé ne lui en a pas donné la possibilité. En fuite depuis plusieurs années en Amérique, Lucien Engelmajer avait été condamné par le tribunal correctionnel en février dernier, à Toulouse, à cinq ans de prison et 375 000EUR d’amende dans un tentaculaire dossier où son association d’aide aux toxicomanes était accusée de dérives sectaires. Le Patriarche était également visé par des plaintes traitées en procédure criminelle. Il était notamment renvoyé devant la cour d’assises par la justice toulousaine.

Des accusations toujours niées par cet ancien vendeur de meubles toulousain, né en Allemagne, qui en vingt ans s’est toujours targué d’avoir aidé et soigné des «-centaines de toxicomanes et de séropositifs, en France comme à l’étranger.-» L’une de ses filles ajoute-: «-Mon père vivait dans le dénuement le plus total au Bélize, il souffrait beaucoup mais ne se plaignait jamais.-» Du premier centre d’accueil pour jeunes toxicos basé à Saint-Paul-sur-Save jusqu’aux multinationales de l’empire du Patriarche, Lucien Engelmajer avait défrayé la chronique après ses méthodes de sevrage, d’abord citées en exemple par des pontes de la médecine, puis contestées dans des rapports officiels.

Lucien Engelmajet serait donc mort seul, loin des siens. Qui aurait cru un jour que l’homme, un temps pressenti pour le prix Nobel en 1999, disparaîtrait à l’autre bout du monde. Dans l’isolement et la misère.
F.Ab

____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

« La Dépêche du Midi »-Toulouse

LE 29 AOUT 2007
Justice. En fuite depuis près de 20 ans en Amérique centrale, Lucien Engelmajer a été victime d’un accident vasculaire cérébral lors du passage du cyclone. Un de ses fils souhaite qu’il rentre. Malade, le Patriarche pourrait être rapatrié Âgé de 86 ans et actuellement hospitalisé dans une clinique de Belize City après un accident vasculaire cérébral, Lucien Engelmajer, le Patriarche, qui est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, sera-t-il rapatrié en France pour des raisons de santé-? Inenvisageable jusqu’à présent, ce retour, qui ferait l’effet d’une bombe, est aujourd’hui clairement évoqué et souhaité par un des fils du Patriarche, Pascal Engelmajer, qui est actuellement au Belize, ce petit Etat d’Amérique centrale où l’ancien «-gourou-» de l’association d’aide aux toxicomanes, née à Toulouse à la fin des années 70, s’est réfugié depuis bientôt 20 ans.

{{touché par «dean»}}
L’état de santé de Lucien Engelmajer s’est subitement aggravé à la suite du
passage du cyclone Dean qui a ravagé une partie de ce micro-Etat proche du
Mexique. Appelé en urgence à Toulouse où il réside par un membre de sa famille inquiet de ne pas avoir de nouvelles du Patriarche, Pascal Engelmajer a retrouvé là-bas son père en piètre santé, quinze ans après l’avoir vu pour la dernière fois.-«-Un docteur l’a retrouvé dans un état tragique à l’hôpital de Corozal-», explique Pascal Engelmajer joint hier par téléphone. Selon lui, son père souffre d’un AVC mais aussi d’une pneumonie et de déshydratation. «-Je pense que, lorsque le cyclone est arrivé, il est sorti dans la rue.-Puis on a dû le conduire à l’hôpital.-»

D’après son fils, Lucien Engelmajer, qui a été transféré dans une clinique de
Belize City, n’est pas tout à fait conscient. «-Je pense qu’il m’a reconnu,
qu’il a entendu mes paroles. Il m’a demandé ses lunettes… Le pronostic n’est
pas positif mais il est robuste.-»

La perspective d’un rapatriement sanitaire n’est pour l’instant qu’une
hypothèse. «-J’aimerais qu’il soit plus proche de nous mais, de toute façon, je
lui demanderai ce qu’il souhaite.-Ce que je ne veux pas, c’est qu’il soit ici
victime d’une sorte de persécution ou d’un ostracisme comme les anciens membres d’Action directe.-» Son fils Pascal, qui ne faisait pas partie des enfants qui étaient poursuivis en novembre, assure que le Patriarche vit chichement, sans autre argent qu’une pension, dans une simple paillote (voir photo), et surtout seul.-«-C’est comme une déportation-», juge-t-il.
Jean-Noël Gros

{{Ce qu’il risque}}

En février, Lucien Engelmajer a été condamné en son absence, à Toulouse, à cinq ans de prison ferme et 375-000 EUR d’amende pour les dérives sectaires de son association Le Patriarche. Et il est sous le coup d’un mandat d’arrêt.-S’il rentre, ce mandat lui sera aussitôt signifié dès son arrivé et il serait alors incarcéré.-Mais son âge et son état de santé pèseraient aussi dans la balance. Lucien Engelmajer peut demander à être rejugé en sa présence et solliciter, en attendant, un maintien en liberté sous contrôle judiciaire.-Il reste en outre susceptible de comparaître devant les assises pour des viols présumés.

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

« La Dépêche du Midi »

DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007

Disparition. Le Patriarche s’est éteint au Bélize à 86 ans.
Engelmajer, mort d’un gourou

L’homme à la barbe blanche s’est éteint dans les bras de son fils. La mort du
Patriarche, Lucien Engelmajer, annoncée par sa famille, dans notre édition
d’hier est bel et bien confirmée. La publication d’un carnet nécrologique en
bonne et due forme, paru hier, officialise le décès du célèbre «-gourou-» âgé de 86 ans.

En fuite depuis plus de dix ans en Amérique, Lucien Engelmajer s’était réfugié
dans le petit état d’Amérique centrale, au Bélize. Hospitalisé dans un état
grave et souffrant d’un AVC à la suite du passage du cyclone «-Dean-», il a
succombé à un arrêt cardiaque jeudi matin. Son fils Pascal qui s’est rendu sur
place a recueilli le dernier souffle de son père. La dépouille de Lucien
Engelmajer pourrait être rapatriée en France, à Toulouse, où sa famille prépare actuellement les obsèques «-dans un cimetière toulousain-», précise la petite fille du Patriarche. À Toulouse et dans sa région, impossible d’oublier la figure de cet ancien vendeur de meubles, fils d’un rabbin polonais qui a
prospéré au début des années soixante-dix dans le château de La Boère, à
Saint-Paul-sur-Save. C’est là que le premier centre d’aide aux toxicomanes voit le jour en pleine époque hippie. Les méthodes d’un sevrage médicalisé font florès dans l’association Engelmajer qui accueille de jeunes toxicos tenus à l’écart d’une société conservatrice et plutôt frileuse dès qu’il s’agit
d’aborder les problèmes de drogue.

{{Deux mandats d’arrêt}}
Très vite, la petite ferme rénovée dans l’Ouest toulousain va accoucher d’un
tentaculaire empire-: soixante-trois établissements en France et des usines à
soigner qui poussent partout en Europe. Toxicos et séropositifs s’y retrouvent
officiellement pour rénover d’anciennes bâtisses achetées par le Patriarche.
D’autres sont lâchés dans les rues et vendent des revues spécialisées dont les
fonds sont destinés à aider les malades du Sida. Des activités qui génèrent, en réalité, un paquet d’argent aussitôt investi dans des sociétés commerciales
basées dans des paradis fiscaux. En 1995, le magot issu de l’association du
Patriarche est estimé à 37 MF (plus de 5MEUR), alors que les méthodes de soins utilisés irritent les pouvoirs publics.-

C’est le moment que choisit Lucien Engelmajer pour fuir en Amérique.
Entre-temps, la justice déroule son implacable mécanique. La Patriarche fait
l’objet de deux mandats d’arrêt. Il est poursuivi pour des détournements
d’argent liés, selon l’accusation, «-aux dérives sectaires-» de son
organisation.
{{
Accusé de viols-et d’agressions}}
L’image du bienfaiteur des années soixante-dix se lézarde sous les coups de
boutoir de ses détracteurs qui l’accusent de viols et d’agressions sexuelles. En
février dernier, Lucien Engelmajer est condamné par le tribunal correctionnel de Toulouse à cinq ans de prison et 375-000 EUR d’amende. «-Mon grand-père a sauvé beaucoup de gens et il vivait très mal toutes ces accusations-», insiste l’une de ces proches.
Frédéric Abéla