(Trois-Rivières) Le centre de réhabilitation et de désintoxication Narconon de Trois-Rivières a été contraint de fermer ses portes. Selon des informations obtenues par Le Nouvelliste, un avis aurait été envoyé à l’organisme vendredi à l’effet que la certification nécessaire pour opérer un centre de désintoxication n’aurait pas été accordée par le ministère de la Santé.

L’Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui a préféré n’émettre aucun commentaire à ce sujet hier, a convoqué la presse ce matin afin de faire le point sur la situation. «L’Agence est en contact avec l’organisme, et nous ferons le point demain (aujourd’hui)», a expliqué Christiane Lemaire, responsable des communications pour l’Agence de santé, qui a indiqué que l’Agence ne confirmerait ni n’infirmerait aucune information d’ici là.

Un courriel d’une personne proche de l’organisme, courriel dont Le Nouvelliste a obtenu copie, faisait toutefois référence au fait que la nouvelle était tombée vendredi pour les employés et la direction, et que Narconon n’avait plus l’autorisation de donner le programme. Il n’était cependant pas précisé si cette mesure était temporaire ou permanente.

Il a aussi été possible d’apprendre que dès vendredi, d’autres centres de désintoxication de la région ont reçu la demande de se tenir prêts à accueillir des bénéficiaires de Narconon au besoin. C’est le cas du centre Domrémy, qui a mis en place une équipe, au cas où des transferts d’usagers seraient nécessaires. «On nous a demandé de tenir une équipe prête, ce que nous avons fait. Il était question qu’au besoin, nous ayons à évaluer la condition de ces gens qui nécessitaient un transfert vers d’autres services. Mais finalement, nous n’avons pas eu à intervenir», a confirmé Pierre Bourassa, directeur général de Domrémy.

Il semble cependant que les usagers du centre aient déjà quitté la région, pour être transférés dans d’autres centres Narconon, notamment aux États-Unis. Selon son site Internet, Narconon possède 50 centres de désintoxication dans 21 pays à travers le monde. Au Canada, il existe deux autres centres de réhabilitation, en Alberta et en Colombie-Britannique, ainsi que deux centres de prévention, à Vancouver et Montréal, en plus du centre de prévention et de réhabilitation de Trois-Rivières.

Depuis juillet 2011, tout centre de réhabilitation ou de thérapie spécialisé en toxicomanie doit se soumettre à une réglementation plus sévère de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux. Tous les organismes spécialisés de la région ont dû faire une demande et se conformer à toutes les exigences du ministère. Celles-ci touchaient notamment les méthodes d’intervention, les aménagements physiques, la sécurité, la formation des employés, etc. Impossible cependant de savoir quels ont été les motifs qui auraient pu nuire à la demande de certification de Narconon.

Pour sa part, Narconon s’était toujours défendu d’être un centre de propagande religieuse et, bien que l’organisme fondait ses méthodes d’intervention sur les enseignements du fondateur de l’Église de Scientologie, L. Ron Hubbard, affirmait n’avoir que pour seule mission d’aider les toxicomanes à vaincre leurs dépendances, à reprendre leur vie en main pour devenir des membres actifs de la société.

Le Nouvelliste a tenté d’entrer en contact par téléphone et courriel avec le directeur de Narconon Trois-Rivières, Marc Bernard, mais nos tentatives sont restées vaines.

Par ailleurs, il n’était pas non plus possible de parler à quelqu’un à la réception de l’organisme hier, nos appels étant systématiquement transférés vers une boîte vocale.

Hier, le centre Narconon était toujours affiché comme étant «en processus de certification», sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux.

http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201204/16/01-4515872-narconon-contraint-de-fermer-ses-portes.php

Source : le 16 avril 2012
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste