L’homme, âgé de 39 ans, était arrivé seul à Iquitos le 21 novembre pour découvrir l’Amazone et faire l’expérience de nouvelles sensations en ingérant, lors d’un rituel, le breuvage préparé avec la plante hallucinogène ayahuasca.

Le ressortissant français a été trouvé inanimé, allongé sur un matelas, la bouche ensanglantée, avec plusieurs bouteilles d’ayahuasca dans sa chambre. Les autorités présument que le décès est dû à une surdose du produit, sans écarter cependnat l’hypothèse, à ce stade de l’enquête, qu’il peut résulter d’un mélange avec des médicaments.

Le maître des lieux dit ignorer la cause de la mort de son pensionnaire, qui avait été accueilli dans le centre parce que supposé malade. Les deux guérisseurs de l’endroit, Walter Martínez Guimarai et Hugo Ochavano Sanantino, ont été amenés pour les besoins de l’enquête policière, dans le cadre des premiers interrogatoires.

Le représentant de service du Ministère Public, Miguel Gasteru, a ordonné la levée du corps. Il a indiqué qu’il attendrait les résultats de l’autopsie pratiquée à Lima par le médecin légiste avant de demander au Département des enquêtes criminelles (Dirección de Investigación Criminal) de réaliser les expertises correspondantes. Les prélèvements effectués sur les verres et bouteilles trouvés à l’intérieur du bungalow sont en cours d’analyse dans les laboratoires de la police.

Ce n’est pas la première fois qu’une session d’ayahuasca provoque la mort d’un ressortissant étranger. Le 11 août dernier, Céline Renée Margarite Briset , une touriste, de nationalité française également, est décédée dans le Centre Ecologique Thérapeutique Sachaguagua, située sur la route Yurimaguas-Tarapoto, quelques heures après avoir ingéré la décoction. En cette circonstance, les guérisseurs et chamans firent savoir que les participants au rituel de l’ayahuasca ne respectant pas les recommandations données s’exposent à des conséquences fatales.

S’agissant du centre “Espíritu de Anaconda”, son responsable décline toute responsabilicé dans la mesure où, selon lui, les nombreux touristes qui s’y rendent pour expérimenter l’ayahuasca reçoivent tous, à leur arrivée, un document où ils indiquent s’ils souffrent d’une quelconque maladie ou s’ils suivent un traitement, afind’éviter de leur donner la décoction.

* Article de Guy Rouquet, président de Psychothérapie Vigilance, rédigé à partir des informations données les 26 et 28 novembre 2011 par les journaux péruviens La Republica, Frecuencia latina et Diario de Notiocias y Actualidad de Loreto.
http://www.larepublica.pe/26-11-2011/loreto-turista-frances-muere-por-sobredosis-de-ayahuasca
http://www.frecuencialatina.com/90segundos/interior.php?not=&idnot=43490
http://diariolaregion.com/web/2011/11/28/turista-frances-que-murio-por-tomar-ayahuasca-es-trasladado-a-lima/

-. Commentaire de Psychothérapie Vigilance .-

12 décembre 2011. Pour mémoire, précisons ici que le mode de défense généralement employé par les organisateurs de pareils stages, sessions ou rituels est le même. Ils déclinent toute responsabilité quand un décès, un accident ou un incident grave se produit: ce n’est jamais la faute du stupéfiant (ayahuasca, iboga, peyotl…) ni de leurs négligences et manque de compétences, mais celle du participant, qui aurait caché qu’il était déjà sous traitement, qu’il souffrait d’une maladie incompatible avec les effets générés par l’hallucinogène ou qui aurait ingéré du produit en cachette et en abondance, de son propre chef.

Or, s’agissant du décès intervenu au centre “Espíritu de Anaconda”,il est pour le moins curieux d’apprendre que l’homme a été retrouvé avec plusieurs bouteilles d’ayahuasca dans son logement alors que, en principe, la substance ne pouvait être prise que dans le cadre d’un rituel ou du traitement supposé, administré dans un centre qualifié par les uns de spirituel et par les autres de thérapeutique. L’homme était-il un patient souffrant d’une pathologie particulière admis sans dossier médical ou un touriste, parmi d’autres, en quête de sensations fortes? Qui lui avait remis les bouteilles retrouvées dans sa chambre? A quelles fins, par qui et à quel prix?

De même, les enquêteurs comme les journalistes envisagent d’emblée que le client ait pu succomber à une overdose d’ayahuasca, ce qui est particulièrement significatif dans la mesure où la plupart des zélateurs de ce breuvage affirment dans de nombreux articles se voulant scientifiques qu’il est impossible d’être victime d’une surdose en raison des quantités considérables de liquide qu’il faudrait absorber pour en mourir, tellement considérables que l’organisme humain est incapable de les avaler, comme ils soutiennent, au mépris de nombreux faits relatés, qu’aucun cas de décès n’a été enregistré pendant une session ou un rituel.

Enfin, observons que cette tragédie s’est produite dans le centre “Espíritu de Anaconda”,qui, en juillet 2008, a fait l’objet d’un reportage si complaisant d’Envoyé Spécial (France 2) que Psychothérapie Vigilance avait été amené à saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, lequel désavoua sans ambiguïté la chaîne dans sa lettre du 6 mars 2009.

L’échange de lettres de Psychothérapie Vigilance avec le Directeur Général de France 2 comme le texte de la réponse du CSA peuvent être consultés intégralement à l’adresse suivante:

[http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=14&page=22->http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=14&page=22]