L’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, s’est rendu hier à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour rendre hommage à Samuel Paty, décapité vendredi par un islamiste. L’occasion d’un appel à l’unité républicaine.

  « Nous vous demandons pardon, parce que Samuel Paty a été décapité au nom de notre religion. Et je demande pardon à sa famille, à tous les gens. Nous n’avons pas peur. Il ne faut pas avoir peur », a tenté de rassurer l’imam et président de la Conférence des imams de France, Hassen Chalghoumi, en déplacement hier après-midi à Conflans.

Accompagné d’un petit groupe d’une dizaine d’imams, l’imam de Drancy, venu faire une prière pour Samuel Paty, a rappelé qu’il avait alerté sur la montée en puissance de la « manipulation islamiste » depuis quinze ans. « Lorsque j’entends que le ministre de l’Intérieur prend l’initiative de dissoudre le CCIF, je dis bravo, car nous n’en pouvons plus de ce discours victimaire. Nous voulons un discours responsable, citoyen (…) Les islamistes savent très bien jouer avec nos lois (…) Quand je dénonçais les islamistes, on m’accusait de déranger. C’est nous, les modérés, qui dérangeons ? C’est pourtant nous qui voulons tendre la main aux juifs, aux chrétiens et aux laïcs. »

Appelant le président de la République et le gouvernement à prendre la mesure de la menace, Hassen Chalghoumi s’est également adressé à tous les parents pour faire de l’éducation une priorité absolue : « Il faut que les parents n’animent pas la haine, et apprennent à leurs enfants l’amour des autres et il faut sanctionner les parents qui abandonnent. Il faut que les parents montrent à leurs enfants le bien-être en France, le bien-vivre en France (…) en touchant un professeur, on a touché l’école, on a touché nos enfants, on a touché l’avenir. Si la peur touche nos enfants, quel avenir reste-t-il ? »

Visiblement ému, la voix chancelante, Hassen Chalghoumi en a profité pour lancer un appel à l’adresse de tout le pays pour éviter la guerre civile : « Je lance un appel solennel. Réveillez-vous ! Soyons fermes ! Ce n’est pas qu’une histoire de liberté d’expression. Il y a des vies qui sont menacées. Il y a des gens qui quittent la France pour aller vivre ailleurs…est-ce que vous trouvez ça normal ? (…) Jusqu’à quand ? Notre jeunesse a payé de 130 vies. Jusqu’à quand ? Des dizaines de policiers… Jusqu’à quand ? (…) Il y a un risque de guerre civile, une montée des haines. Si la République ne nous protège pas, qui va nous protéger ? Les Turcs ? Les Qataris ou les islamistes ? »

« Il faut que la peur change de camp, qu’elle vienne chez eux, sur leurs sites internet, et se retourne contre les assassins qui manipulent nos jeunes. » L’imam de Drancy a d’ailleurs pointé du doigt les GAFA et le numérique en général en critiquant l’impunité fournie par l’anonymat sur internet : « Il faut aller chercher ces criminels jusque derrière leurs pseudos en ligne sous lesquels ils se cachent. »

Une harangue républicaine, sans ambiguïté, sans concession et aux accents patriotiques, portée avec sincérité : « Quand vous avez la nationalité française, vous adhérez aux valeurs de la République. Un homme n’a pas à être ennemi de la République. S’il ne respecte pas les lois ni les valeurs, il devient une menace pour la société. Pourquoi le laisser là ? Il n’est plus Français. Les personnes qui sont parties rejoindre Daesh ont préféré le drapeau noir au drapeau français. Elles ne sont pas Françaises, désolé. Un Français, pour moi, doit aimer son pays. La France a tout donné pour eux. Elle leur a donné une égalité qui n’existe nulle part. Voyagez à l’étranger et vous verrez, allez voir ailleurs. Réveillez-vous, la France vous aime, elle aime vos parents. La France m’a donné, à moi – et je parle là en tant que père – toutes les chances pour que mes filles puissent réussir à l’école. Il faut que les parents se réveillent. Je voudrais que des milliers de parents viennent pleurer, pleurer un professeur innocent. »

 

Source : FRONT POPULAIRE 20.10.2020