Les participants peuvent arrêter de se nourrir jusqu’à 13 jours pour, disent-ils, se nettoyer et se mettre à l’écoute de leurs corps. La médecine tire la sonnette d’alarme…

Asclépios, le dieu grec de la médecine avait deux filles: Panacée qui représente le remède et Hygie qui incarne la médecine préventive. Du combat entre les deux sœurs, Panacée est ressortie victorieuse mais Hygie trouve de plus en plus d’échos dans le public. Le jeûne d’un ou plusieurs jours fait, disent les spécialistes, peut-être partie de cette tendance. C’est ce qu’explique la nutritionniste Céline De Sart: « Je ne pense pas que c’est écouter son corps, je pense que ça peut faire partie de ces techniques de mode. On entend tellement de types de régimes.  »

« L’organisme va aller puiser dans nos réserves de muscles »

Les adeptes, tout heureux de se sentir légers, oublient canapé-télé-chips et repas riches pour s’abstenir et boire de l’eau claire agrémentée de jus de citron et de bouillons sans légumes. « En n’amenant aucune calorie via l’alimentation, l’organisme va aller puiser dans nos réserves de muscles –ce qui n’est pas très bon-, et de graisse. Mais en allant chercher dans les réserves de graisse, on va libérer des toxines et donc surcharger le travail hépatique ».

C’est aujourd’hui la dimension psychologique qui fait fureur. La volonté de prendre soin de soi, lié au sentiment d’accomplir un défi personnel, de se maîtriser.

« En aucun cas je ne conseillerais de jeûner un lendemain de fête ».

La nutritionniste préfère un régime alimentaire adapté: « Même lorsqu’un patient fait un écart, un repas beaucoup plus costaud, il est conseillé de faire attention le lendemain à l’apport en graisses et à bien boire son litre et demi d’eau. Mais en aucun cas je ne conseillerais de jeûner le lendemain ».

C’est avant tout, disent les médecins, la victoire de l’esprit sur un corps que l’on cherche à exprimer.

source : Mis à jour le jeudi 21 novembre 2013 à 8h52
http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-jeune-dietetique-une-pratique-qui-alimente-la-polemique?id=8140194

par Françoise Baré