La peinture et la musique ont permis à Pascal Chéret de transcender ses souffrances et ses troubles psychiques.La peinture et la musique ont permis à Pascal Chéret de transcender ses souffrances et ses
En octobre, Pascal Chéret a exposé au prieuré Saint-Nicolas. Touché par de nombreux retours positifs, ce peintre olonnais souffrant de troubles psychiques parle de résilience.

Des messages d’espérance

« Quelqu’un a dit que mes peintures étaient des dessins d’enfant. C’est vrai, je suis un homme d’âge mûr qui a gardé son âme d’enfant. Et ça, j’en suis fier. » Les toiles de Pascal Chéret sont autant d’autoportraits, porteurs de messages d’espérance. C’est sa manière à lui de transmettre une vie intérieure riche, pleine d’émotions, d’aspiration à l’amitié, à l’amour. « L’art me permet de communiquer. Mes oeuvres racontent une histoire. Les premières traduisaient mes angoisses. Maintenant, je peins sur du blanc, j’y mets de la luminosité, de l’humour. J’ai appris à dédramatiser ma vie. »

Et parce que, lors de l’exposition, il a eu de nombreux retours positifs, Pascal Chéret souhaite remercier tous ceux qui, par leurs messages écrits ou oraux, l’encouragent à continuer. « J’ai senti que je communiquais des choses positives. Les gens souriaient. Un peintre m’a parlé de générosité, de profondeur, m’a remercié pour cette joie qui illumine les visages de mes portraits. »

Une vie de souffrances

Art-thérapie ? Pascal Chéret préfère parler de « résilience », de cette capacité à « transcender la souffrance pour rebondir ». Car la vie de cet ancien préparateur en pharmacie, handicapé à 80 %, n’est pas un long fleuve tranquille. Enfance difficile dans l’ombre d’un frère plus brillant, troubles psychiques au sortir de l’adolescence, chemins de traverse en quête d’un « père spirituel », plusieurs tentatives de suicide à l’âge adulte, nombreux séjours en hôpital psychiatrique…

J’ai réussi à en sortir, à me désunifier comme on dit là-bas, mais à 60 ans, je n’en suis pas encore remis. J’ai voulu fuir la vie parce que c’était trop dur, je me posais trop de questions, je voulais me réfugier dans les bras de Dieu. Et j’ai connu l’enfer psychiatrique… »

L’art qui transcende

Marié, ce père de quatre enfants, soutenu infailliblement par son épouse, a néanmoins tenté de mener une vie pleine d’engagements. Peintre, il a longtemps adhéré à l’Association des peintres olonnais. Mélomane, « fou de son », il a créé l’Association pour le développement d’un espace musical au Pays des Olonnes (Adempo). Sans travail, il a participé à un comité de chômeurs. Malade, il s’est engagé auprès de la Fraternité chrétienne des handicapés et de l’association Amitié espérance pour les malades hospitalisés en psychiatrie. Mystique, il est toujours en lien avec la communauté religieuse des soeurs de Mormaison…

Aujourd’hui, il se sent plus serein. « Entre musique et peinture, j’ai trouvé un équilibre. » Et ce que dit sa peinture, c’est tout ce en quoi il croit : « L’humanisme, l’amour universel, qui donne et qui pardonne, l’amitié, la fraternité, la chaleur humaine… Toutes choses invisibles pour les yeux. »

Les Sables-d’Olonne – 13 Novembre 2014
http://www.ouest-france.fr/lart-pour-dedramatiser-ses-souffrances-2977051