Atteinte d’un cancer de l’estomac, cette dame avait fait confiance au disciple du français Claude Sabbah prônant les concepts de «la biologie totale des êtres vivants». Ceux-ci garantissaient la guérison de toute maladie par la résolution de ses conflits psychologiques, internes.

Malgré des signes évidents de détérioration physique de cette patiente qui s’accroche à son thérapeute, aucun conseil de soins médicaux reconnus scientifiquement ne lui fut prodigué. Il n’est pas étonnant de lire dans le rapport 2009-2010 du CIAOSN que les demandes d’informations les plus élevées concernaient les pratiques thérapeutiques et les risques d’exploitation de ce «filon» par les mouvements sectaires.

Quelles sont les idées principales de la biologie totale ?

A la différence de la médecine nouvelle germanique du Dr Hamer, médecin allemand interdit de pratique et attaquant systématiquement la médecine traditionnelle, le docteur Claude Sabbah a tenté de fonder plus scientifiquement sa théorie sans pouvoir éviter les mêmes dérives et attaques contre la médecine conventionnelle. Celle-ci est présentée comme agressive et trop technique, oubliant les aspects humains ou psychologiques. Même si dans ses écrits, il invite le praticien en biologie totale des êtres vivants à faire respecter le traitement médical, dans la pratique les thérapeutes qui le suivent deviennent de plus en plus opposés au recours à la médecine traditionnelle.

La maladie selon lui, est fonctionnelle et est la solution parfaite du cerveau face à un conflit psychologique qui influence le biologique. Il faut donc résoudre ce conflit pour atteindre la guérison. Seule la foi ou la certitude absolue de pouvoir guérir permet de guérir. La personne qui ne guérit pas d’une maladie est responsable de son état, ce qui la culpabilise énormément. Cette certitude de guérison acquise, il y aura alors une déprogrammation biologique car chaque malade est le siège d’un conflit qui lui est associé personnellement. Par exemple, un cancer des os sera produit par une dévalorisation de soi ou encore, un accident cardiovasculaire (vécu par Sabbah en 2008) par un choc émotif.

Les risques sectaires de la biologie totale

Le risque de cette théorie qui veut remettre le patient au cœur du traitement de sa maladie, c’est son radicalisme : faire du patient le seul responsable de sa maladie, que sa maladie soit incurable ou non, et s’écarter de la médecine traditionnelle. Ensuite, pour la plupart de ces psychothérapeutes, il y a exercice illégal de la médecine (AR. 10.12.1967) parce qu’ils posent à la fois un diagnostic de l’état de santé ou dépistage des maladies et un traitement.

La non-protection du titre de psychothérapeute – seuls sont protégés le titre de psychologue et de psychiatre – qui recouvre diverses disciplines comme celui de psychanalyse par exemple, laisse libre cours à des personnes issues de tous les horizons académiques ou non, sincères ou intéressées. Les mouvements sectaires ont vite compris qu’il y avait là une possibilité de s’engouffrer dans un secteur rentable
financièrement. L’aide personnelle offerte aux personnes en souffrance ou physiquement malades et donc en état de faiblesse conduit à un véritable lavage de cerveau, à la dépendance totale envers un leader charismatique ou ses représentants et à une prise de distance de la famille consciente des problèmes suscités par ces types de thérapie.

L’activisme de ce mouvement européen impose d’être très attentif aux pratiques thérapeutiques de certains médecins, soutenus par de nombreux conférenciers en Belgique, et de réagir rapidement lorsque les traitements traditionnels sont abandonnés, en dépit des risques importants qu’ils font courir aux patients.

Source : site de la police de Namur
16/11/2011 par Gérard De Coninck , Docteur en criminologie

http://www.polnam.be/secunews-art