{{Sébastien Falletti

25/11/2009}}

{{En Corée du Sud, le fils et successeur du révérend Moon a décidé de mettre fin au rite emblématique des mariages collectifs.}}

«Seul mon père, le messie, peut former des couples.» Flottant dans sa combinaison blanche matelassée, sur laquelle balance le pendentif doré de l’Église de l’Unification, Hyung Jin Moon, 30 ans, n’a pas l’air d’un révolutionnaire. C’est pourtant grâce à lui que la secte Moon s’apprête à jeter par-dessus bord un rite qui a fait sa légende à travers le monde : les mariages collectifs arrangés par l’entremetteur suprême, le révérend Moon, qui va sur ses 90 ans.

Son plus jeune fils et successeur désigné a décidé de tourner la page pour mettre au goût du jour l’affaire familiale lancée en 1954, après que Jésus-Christ fut «apparu» au patriarche un matin de Pâques pour lui demander de «terminer le travail». Assis en tailleur au côté de son épouse, Yeonah, choisie pour lui par son père à l’âge de 18 ans, Moon le Jeune explique que, désormais, l’Église laisse ses membres libres de flirter avant le mariage «pour qu’ils puissent se connaître».

Au quartier général de l’empire, en plein Séoul, un café aux allures de Starbucks est installé près du sanctuaire pour permettre aux fidèles de faire le premier pas. Cette révolution a donné un coup de jeune à un mouvement en perte de vitesse en Corée du Sud, où la concurrence fait rage entre les sectes. Armé de méthodes de manager, ce diplômé de Harvard a fait appel au cabinet Deloitte pour moderniser l’entreprise et annonce la fin d’une époque : «Mon père est un messie, moi je ne serai jamais qu’un employé.»

Le figaro