« Je n’ai tué personne. J’ai fait trois missions avec la permission de Dieu et elles (les trois victimes) sont toutes avec Dieu purifiées », a déclaré Jorge da Silveira récusant le terme « d’assassinats » dans l’interview.

BEIGNETS SALÉS

Il a expliqué agir « sous le commandement » non pas de démons mais de « deux anges, un Blanc et un Noir », dont il a des visions depuis l’enfance. Il a nié « être fou » même si « à l’adolescence, les psychiatres m’ont obligé à prendre des médicaments », a-t-il précisé. Il ne se « rappelle plus » de la façon dont il tuait ses victimes dans la « Chambre du Mal » mais a dit qu’il ne « se servait pas du sang » et mettait « la chair dans de l’eau pour la purifier avant de la manger ».

Des morceaux de chair des victimes ont été utilisés aussi dans la fabrication de beignets salés qui étaient vendus dans les rues de Garanhuns, une ville à 230 km de Recife, la capitale du Pernambouc, rapporte la presse samedi.

666

Les victimes étaient choisies en fonction des numéros de leur carte d’identité « qui donnaient quelque part le numéro maudit 666 » (du diable), selon lui. Avant de mourir « elles pleuraient et je leur disais que leurs péchés étaient pardonnés », a-t-il dit sans montrer le moindre regret.

Il a affirmé que c’était Isabel Pires, 51 ans, qui attirait les victimes en leur proposant un bon salaire pour un travail de nounou. Cette dernière a rejeté la culpabilité sur Bruna da Silva, 25 ans, la maîtresse de Da Silveira.

DESSINS

Des détails des faits et gestes du trio, avec des dessins, ont été trouvés dans un livre de 50 pages écrit par da Silveira, diplômé en éducation et ceinture noire de karaté. Des détails des faits et gestes du trio, avec des dessins, et des détails de cannibalisme, ont été trouvés dans ce livre intitulé Les relations d’un schizophrène.

Deux corps ont été retrouvés jeudi dans le jardin de leur maison et pourraient être ceux de deux femmes disparues récemment : Alexandra Falcao, 20 ans, et Gisele da Silva, 30 ans. Elles auraient été vues près de la maison des suspects avant de disparaître, selon la police. Jeudi, des voisins ont mis le feu à la maison du trio.

Une des suspectes, Bruna da Silva, a avoué qu’elle portait le nom d’une femme que le groupe aurait assassinée en 2008, Jessica Pereira, dans la ville voisine de Olinda. Ils auraient aussi enlevé la fille de cette femme, une enfant de cinq ans retrouvée avec le trio. L’enfant a été placée sous la protection d’un juge pour enfants afin de lui trouver une nouvelle famille.

Source : Le Monde.fr | 14.04.2012

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/04/14/le-cannibale-bresilien-raconte-sa-mission-a-la-television_1685680_3222.html