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Saint-Denis – Une semaine après le procès de Juliano Verbard et de ses complices, jugés vendredi dernier pour des violences sur un mineur, c’est une autre audience qui vient de s’ouvrir ce matin au tribunal correctionnel de Champ-Fleuri. Cette fois-ci, celui que ses adeptes appelaient « Petit lys d’amour » n’est pas dans le box des prévenus. Pourtant, il n’est question que de lui au cours des débats…

Seize personnes comparaissent depuis ce matin pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation ou aux recherches ». Il leur est reproché d’avoir permis et facilité la cavale de Juliano Verbard, qui ne s’était pas présenté à son procès d’assises pour viol en octobre 2006 et restait introuvable par les forces de l’ordre. Une cavale qui avait duré dix mois, jusqu’à l’interpellation, dans une villa du Tampon, du gourou dont les adeptes venaient d’enlever le jeune Alexandre à Saint-Denis en août 2007.

Huit personnes comparaissent libres et huit sont détenus dans le cadre d’autres affaires. Plusieurs clans familiaux qui soutenaient le gourou sont aujourd’hui face aux juges: Alexin, Fabrice, Corinne et Lucie Michel; Joseph et Pierre-Rodolphe Cadet, ainsi que Yolaine Mussard épouse Cadet; Charles, John et Patrice Daleton, ainsi qu’Anne-Lise Florineda épouse Daleton. On trouve aussi parmi les prévenus Sandrine Hoarau, Louis Yoland Hoarau, Augusta Techer épouse Fontaine, Jean-François Ferrère et Sonia Flore.

Les faits étudiés aujourd’hui ne sont donc pas ceux concernant l’enlèvement du jeune Alexandre le 3 août 2007, ni ceux relatifs à la spectaculaire évasion héliportée du 27 avril 2009. Ces deux affaires seront jugées ultérieurement par une cour d’assises.

{{L’ombre du gourou absent}}

L’audience s’est ouverte ce matin vers 8h30, en présence de tous les prévenus et d’une forte présence policière, notamment des éléments du GIPN.

Le président Morgan a interrogé un à un tous les prévenus afin d’établir le degré d’implication de chacun dans le soutien logistique apporté au gourou durant sa cavale. Location de maisons ou de voitures, transports, approvisionnements, apports d’argent… L’audience a permis d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de la secte et la période de clandestinité de « Petit lys d’amour ». Les différentes étapes de la cavale ont été reconstituées: entre octobre 2006 et août 2007, Juliano Verbard s’est caché dans des maisons situées au Maïdo, au Tévelave, à Salazie, à Sainte-Suzanne, à Cambourg et enfin au Petit Tampon, là où la secte a été localisée et ses membres arrêtés.

Comme lors du procès de vendredi dernier, les trois membres de la famille Michel se sont enfermés dans le silence: « Je n’ai rien à dire » est la seule phrase qui est sortie de leur bouche.

Ceux qui ont été un peu plus bavards ont en tout cas établi clairement leurs motivations à aider leur gourou à échapper à la justice: tous se disent persuadés de l’innocence de Juliano Verbard. Sandrine Hoarau: « Je croyais en son innocence. C’est pour cela que je l’ai aidé et hébergé dans la maison que je louais au Maïdo. . Je le considérais comme mon frère. Je sais que la justice fait des erreurs. Tout était à charge dans ce dossier ». Corinne Michel: « Je l’ai caché car je suis persuadé qu’il est innocent ».

Seul Rodolphe Cadet, le sourire bravache, se lance dans un discours limite délirant: « La cache à Trois-Bassins était en fait une cave destinée à y mettre des provisions, en prévision de la fin du monde… Tout ce que vous dites (la déposition de Juliano Verbard, signée de sa main, Ndlr) a été inventé ».

En tout cas, même absent, Juliano Verbard a fait planer son ombre sur ses adeptes, dont la plupart apparaissent toujours sous influence.

Compte-rendu d’audience dans le Quotidien de demain.