Elle accompagne, elle soutient, elle entoure.
Les femmes seules ou les couples, et leurs proches.
Elle n’exerce pas le métier de sage-femme mais son intervention durant toute la grossesse vient compléter le travail du corps médical – sages-femmes et obstétriciens –, plus technique.
Bref, elle apporte un « soutien sur mesure » pendant les neuf mois de la grossesse. Et même après l’accouchement, pendant les tout premiers mois du bébé, quand les jeunes parents se retrouvent parfois désemparés face à l’immensité de leurs nouvelles responsabilités.

{{ {Valérie Dupin est doula en région parisienne. (1’47 »)} }}

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{Stéphanie, 21 ans, attend son troisième enfant pour le mois d’octobre. Elle a choisi de s’adresser à Valérie Dupin après avoir relativement mal vécu la naissance d’Axel, son deuxième garçon.}

{{ {Le témoignage de Stéphanie. (3’55 »)} }}

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{Le mari de Stéphanie, Vincent, déçu de l’encadrement à la maternité, se sent lui aussi davantage rassuré avec la présence d’une doula, interlocuteur unique pendant et après la naissance. (2’32 »)}

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{{Pratiques potentiellement dangereuses}}

Le mouvement est apparu aux Etats-Unis il y a trente ans environ. Et en France il y a quelques années, suscitant prudence et inquiétude dans les couloirs de l’Académie de médecine. Face à une profession sans existence légale et sans statut, et qui fixe donc elle-même ses règles, les « sages » en blouse blanche mettent en garde contre certaines pratiques potentiellement dangereuses : liberté de manger pendant le déroulement du travail, autorisation d’une durée d’expulsion supérieure à deux heures, refus des forceps, absence de désobstruction systématique du nouveau-né etc.

Car, si le projet philosophique de la doula est séduisant, « centré sur le retour aux méthodes naturelles » (moins de césariennes, moins de péridurales, moins d’analgésiques), l’Académie relève des risques de « retard d’hospitalisation », d’ »emprise », voire de « déviance plus ou moins sectaire ». Elle s’en est inquiétée dans un rapport rendu public le 10 juin dernier.

{La mise en garde du professeur Claude Sureau, de l’Académie Nationale de Médecine. (2’52 »)}

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Face à la disparition de la transmission familiale d’antan, de femme à femme, la doula serait toutefois la “compagne de route” qui manque cruellement aux futurs parents, d’autant que la surmédicalisation de la grossesse et le manque de personnel médical laissent parfois les aspects humains de côté.

{Marie-Josée KELLER, présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, reconnaît d’ailleurs que la (sur)charge de travail ne permet pas toujours d’apporter l’attention personnalisée que recherche chaque future maman. (2’46 »)}

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Pour améliorer cet encadrement, il faudrait plus de sages-femmes dans les maternités, plus d’auxiliaires de puéricultures, plus d’espaces physiologiques dans les maternités et plus de maisons de naissance à proximité. Autant de mesures qui coûtent cher à la collectivité et que la France n’arrive pas à mettre en place.

{{Moins de chances pour l’enfant}}

Combien de ces « coaches de la femme enceinte » exercent en France ? Une cinquantaine actuellement, tandis que plusieurs dizaines d’autres sont en formation, regroupées dans de petites associations. Selon l’Académie, les doulas ont accompagné quelque 138 naissances en 2006, dont un tiers aurait eu lieu à domicile. C’est d’ailleurs cet aspect particulier qui inquiète l’Académie de médecine.

Car, s’il est important de prendre en compte les désirs de la patiente dans sa demande d’accompagnement, il reste capital de refuser l’éventualité d’un « désastre néonatal ». Les sages pointent en effet le risque de voir réapparaître les « matrones » (terme désignant les « accoucheuses » exerçant illégalement), qui ont mis de longues années à disparaître en France, et que l’on s’efforce de neutraliser en Afrique.

{Le reportage, complet et en direct, d’Isabelle Labeyrie (4’44 »)}

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France Info – 8 juillet 2008