METRO / 09-07-2010

Adrien Cadorel

Metrofrance.com

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Profanés, dégradés, vandalisés…Chaque année, plusieurs dizaines de cimetières et de lieux de cultes sont l’objet d’attaques répétées en France.

La dernière agression en date remonte au 29 juin. Ce jour-là, les fidèles du cimetière musulman du quartier Robertsau de Strasbourg découvre que dix-sept pierre tombales ont été renversées et endommagées au cour de la nuit ; les auteurs n’ayant cependant pas revendiqué leurs actes. « Dès qu’une confession est attaquée, c’est la France toute entière qui se trouve blessée » avait déclaré sur place, quelques jours plus tard, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux.

Les lieux de culte chrétiens visés par les profanations Dernièrement visé par ces actes de vandalisme, les lieux de cultes musulmans ne sont pas pour autant les cibles privilégiés des profanateurs. Selon des chiffres de la Miviludes, les cimetières et les lieux de confessions chrétiens représentent à eux seuls 90 à 95 % des théâtres de profanations.

Pis, les actes recensés laissent entrevoir une baisse de profanations dans les lieux de cultes musulmans et juifs. Ainsi, entre 2007 et 2009, les dégradations combinés relevés à ces endroits ont même reculé de 3,5%. « Il est clair que la loupe médiatique s’attarde plus régulièrement sur les actes perpétrés dans les cimetières et lieux de cultes juifs et musulmans » témoignait hier un enquêteur souhaitant conserver l’anonymat.

« Le ressenti est sans doute différent pour les lieux chrétiens, on va davantage parler d’actes à connotations sataniques. Ce sont des dérives que l’on connaît mal, et que l’on ne sait pas trop comment combattre. Pour les lieux juifs et musulmans, les profanations prennent un caractère raciste et antisémite, contre lequel il est plus simple de s’opposer ». Des actes qui peuvent être punis, par des peines allant jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende.

« Des consignes de fermeté ont été transmises aux procureurs face à ces affaires » expliquait-on jeudi du côté de la Chancellerie, qui ajoutait l’installation de magistrats référents pour les délits de racisme et d’antisémitisme.

{{Repères.}}

Mouvement qualifié de marginal il y a encore dix ans, le satanisme fait davantage parler de lui chaque année. Si en 2005, les actes de profanations à caractère sataniste représentaient 39 des 208 délits enregistrés, ils n’ont cessé d’augmenter au fil des années. En 2008, 113 des 226 délits de profanations de cimetières et de lieux de cultes relevés par les forces de l’ordre étaient le fait de groupuscules se réclamant de ces mouvements. Une tendance qui se confirme pour l’année 2010, ou entre le 1er janvier et le 31 mai, 46 actes sataniques étaient identifiés sur les 124 délits enregistrés. « Ce sont des petits groupes de 2 à 4 personnes, généralement âgés de 15 à 25 ans » expliquait jeudi un magistrat spécialisé. « Ils sont habités d’une volonté de faire mal à la communauté, n’hésitant pas à brûler les chapelles », ajoute t-il. Selon plusieurs estimations, 20 000 personnes seraient concernés par ces mouvements en France.