« L’audience est suspendue et redémarrera demain matin avec les réquisitions du parquet », a indiqué le procureur de la République de Lisieux Bruno Dieudonné. La décision du tribunal sera probablement mise en délibéré jusqu’en janvier, a-t-il ajouté.

La prévenue, qui s’est dite sans profession, comparaît pour « abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’un tiers », dans le cadre de la loi About-Picard de 2001 contre les dérives sectaires, qui a introduit cette notion. Cela inclut des sévices physiques, moraux, sexuels.

Ancienne enseignante d’anglais pour une association qui s’occupe de jeunes désocialisés, elle comparaît libre et encourt cinq ans de prison, selon le parquet.

Cette mère de trois enfants est accusée d’avoir volé près de 400.000 euros à ses adeptes.

Selon Me Pascal Rouiller, avocat d’une des victimes présumées et de sa famille, parties civiles, « les anciens adeptes rapportent avoir connu l’enfer d’une prison mentale sur fond de violences morales, physiques et sexuelles, fruit d’une emprise totale de la part du gourou ».

Selon l’avocat la prévenue a notamment déclaré mardi au tribunal « Oui, j’ai demandé à des mères d’avoir des rapports sexuels avec leurs fils, mais on était dans une vibration, on était dans une autre dimension, la cinquième… »

Une vingtaine de personnes se sont portées partie civile. Douze avocats se sont succédé mardi à la barre pour les représenter.

Les faits reprochés se sont déroulés entre 2002 et 2007, mais des videos montrées à l’audience mardi laissent penser que la prévenue qui se présentait tantôt comme l’incarnation de Dieu tantôt comme son épouse a continué ensuite à exercer les activités qui lui sont reprochées, selon le parquet.

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