Au troisième jour du procès de la scientologie belge, difficile d’y voir clair. Et les propos des prévenus, qui nient tous les faits qui leur sont reprochés, ne rivalisent pas de précision.

Le président du tribunal, Yves Régimont, ne s’en cache pas. Il parle d’un « enchevêtrement de pièces, d’auditions, de machins, de bazars, on ne s’y retrouve pas. Ce dossier est tellement volumineux et compliqué ». Pour autant, le juge ne lâche pas la barre et poursuit ses interrogatoires poussés.

Hier, le débat s’est porté vers la manière dont la scientologie s’évertuait à rattraper ses membres tentés par un départ. Et Istvan, dit Stéphane, Courcellois de 53 ans et ancien président de l’Église belge, a donné des pistes de réflexion.

Quitter la scientologie est possible à tout moment. Mais il est apparu à l’audience que cela relève du parcours du combattant.

En effet, l’organisation démarche systématiquement les candidats au départ. Pour cela, il y a une feuille de route, c’est-à-dire une série d’entretiens avec l’officier d’éthique et l’aumônier que doit tenir l’indécis. »On veut vérifier qu’ils ne sont pas partis pour de mauvaises raisons », explique Stéphane. C’est ainsi que la plupart de ces membres sont finalement restés au sein de l’Église, après avoir été convaincus.

Autre débat , le « maniement des PTS ». Du pur langage scientologue. Le PTS est la « source de trouble potentielle », qui peut nuire à la scientologie. « Il s’agit de trouver quelles sont les sources des problèmes et voir comment ce qu’on peut faire à ce sujet », précise Stéphane.

Le président Régimont prend l’exemple d’une femme scientologue que son mari aimerait voir quitter l’Église. « Peut-on imaginer une situation dans laquelle l’Église demande à cette dame de choisir entre la scientologie et son mari ? »

Stéphane répond : « C’est à madame de décider. Je n’ai jamais ordonné à personne de quitter sa famille. »

« Le but de la scientologie est que tous les habitants de la planète montent sur le pont », a lancé Stéphane. Monter sur le pont, c’est-à-dire le prosélytisme universel. « Et qu’est-ce qu’un suppressif ? », interroge le président Régimont. La réponse est claire : « Quelqu’un qui empêche la scientologie d’atteindre ses buts. »

source :
JU. B. Publié le jeudi 29 octobre 2015 à 20h11 – Mis à jour le dimanche 01 novembre 2015 à 17h10

http://www.dhnet.be/actu/monde/quitter-la-scientologie-ce-parcours-du-combattant-56326f4f3570e5f5280192f3

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