Thierry Tilly, condamné à huit ans de prison dans l’affaire « des reclus de Monflanquin », et son complice présumé Jacques Gonzalez, condamné à quatre ans de prison, ont décidé de faire appel du jugement rendu le 13 novembre par le tribunal correctionnel de Bordeaux, ont indiqué jeudi leurs avocats.

Dix ans de prison, le maximum encouru, avaient été requis contre M. Tilly, 48 ans, détenu depuis octobre 2009, et plusieurs commentateurs avaient vu dans la peine plus modérée prononcée par le tribunal, malgré des attendus extrêmement fermes, une décision qui pourrait le dissuader de faire appel.

M. Gonzalez, qui est très malade et a déjà effectué six mois de détention dont la majorité sous bracelet électronique, pouvait pour sa part espérer un aménagement de peine, le tribunal n’ayant pas prononcé de mandat de dépôt à son égard. Mais les deux hommes ont préféré retenter leur chance devant la cour d’appel, le parquet faisant appel également.

Condamné « comme un gourou »
Me Alexandre Novion, avocat de Thierry Tilly, a estimé auprès de l’AFP que « bien que le tribunal n’ait pas retenu la thèse de la secte dans cette affaire, (son) client a été condamné comme un gourou ».

La présidente Marie-Elisabeth Bancal avait expliqué, en rendant son jugement, que M. Tilly était l’auteur d’un « complot machiavélique » par lequel il a exercé une « sujétion psychologique » sur les onze membres d’une famille noble du Lot-et-Garonne, les de Védrines – l’aïeule est décédée en 2010 – jusqu’à leur faire vendre tous leurs biens, à hauteur de 4,5 millions d’euros.

Mme Bancal avait égrené tous les éléments de l’emprise mentale, « création d’une paranoia de groupe (…), exclusion des opposants (…), exploitation des failles de la famille, (…,) présence constante à leurs côtés, physique puis par téléphone et par mail », le tout amenant « des conséquences gravement préjudiciables », sur les finances des victimes, leur santé ou leurs études.

Les deux hommes ont été condamnés solidairement à payer aux victimes les 4,5 millions d’euros de leur préjudice matériel, et 505.000 euros au titre du préjudice moral.

source :Par LEXPRESS.fr, publié le 22/11/2012

PIERRE ANDRIEU / AFP

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/reclus-de-monflanquin-le-gourou-fait-appel_1190705.html