Accusé en Israël, Elazar Rompler aurait commis ses crimes au Canada, il y a une dizaine d’années.

Un membre de la secte Lev Tahor est accusé de crimes contre deux enfants au Canada. Ceux-ci auraient été commis il y a une dizaine d’années, au moment où il était directeur d’une école de cette communauté.

Elazar Rompler, 46 ans, a été formellement accusé, la semaine dernière, devant un tribunal de Jérusalem, en Israël, d’abus et d’agression d’un mineur par une personne en autorité.

Selon des experts consultés, la seule communauté qui existait au pays au moment où les crimes auraient été commis était celle située à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides.

Des informations à glacer le sang se trouvent dans un document judiciaire d’un tribunal de Jérusalem que nous avons obtenu.

Selon l’accusation, ce membre de la secte Lev Tahor aurait commis son premier crime à l’hiver 2009. La présumée victime, un élève d’environ 9 ans, était soupçonné par Elazar Rompler et d’autres enseignants de son école d’avoir volé une somme d’argent.

Elazar Rompler aurait convoqué tous les élèves et enseignants de l’école pour leur parler du vol. Rompler et d’autres personnes (dont on ignore l’identité) auraient retiré les vêtements de l’enfant pour ne lui laisser que ses sous-vêtements. Ses jambes auraient été attachées, ainsi que ses mains derrière son dos.

Rompler et un enseignant auraient ensuite frappé l’élève à l’aide d’un bâton et d’une ceinture pendant plusieurs heures. Malgré les cris et les pleurs de l’enfant, les coups auraient continué de pleuvoir sur son dos, son abdomen et ses pieds.

La scène se serait déroulée devant les élèves. Elazar Rompler leur aurait dit qu’il s’agissait de la punition réservée à ceux qui refusaient de suivre les règles.

Toujours d’après ce qu’on lit dans le document judiciaire, une deuxième agression serait survenue dans cette communauté au pays autour de 2011.

Pour punir un enfant âgé d’une dizaine d’années qui aurait menti, le directeur de l’école des Lev Tahor aurait demandé à deux enseignants de fouetter l’élève devant ses pairs. Ils se seraient exécutés pendant une heure, en le frappant au dos. Les cris et les pleurs n’auraient pas empêché les agresseurs de continuer à frapper l’enfant.

Nous n’avons pas été en mesure de savoir pourquoi c’est la justice israélienne qui a décidé de déposer des accusations contre ce membre de Lev Tahor, alors que les crimes auraient été commis au Canada. La justice israélienne considère que la secte représente un grand danger pour les enfants.

La Gendarmerie royale du Canada et la Sûreté du Québec nous ont affirmé qu’elles ne sont pas liées aux démarches qui ont mené à cette mise en accusation.

Le document judiciaire israélien révèle que l’accusé a été intercepté à son arrivée en Israël, à la mi-novembre 2019, avec un passeport étranger en main, alors qu’il est citoyen israélien. Il a été arrêté et interrogé par les policiers. Le mois suivant, il a été remis en liberté et assigné à résidence.

La secte Lev Tahor s’est installée à Sainte-Agathe-des-Monts au début des années 2000. Elle a attiré l’attention du Centre jeunesse des Laurentides en 2010.

En novembre 2013, les Lev Tahor ont quitté le Québec pour le sud-ouest de l’Ontario. Malgré un jugement pour placer 14 enfants en familles d’accueil, des parents ont réussi à s’enfuir pour aller s’établir au Guatemala.

 

Avec la collaboration d’Émilie Dubreuil et de Geneviève Garon

source :

Radio-Canada

Éric Plouffe

Le 4 juin 2020

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1708933/membre-lev-tahor-accusations-crimes-enfants-israel-canada

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