Selon eux, ces documents montrent que la hiérarchie de l’Eglise catholique a ignoré les plaintes reçues au sujet de la consommation de drogue et des agressions commises contre des séminaristes par le défunt père Marcial Maciel, fondateur de la congrégation de la Légion du Christ.

Par ailleurs, des victimes d’agressions sexuelles de la part de prêtres catholiques au Mexique ont sollicité une audience auprès du pape, arrivé vendredi dans ce pays, mais ils n’ont pas obtenu de réponse.

Marcial Maciel est décédé en 2008 à l’âge de 87 ans. L’année suivante, les autorités catholiques ont reconnu que le prêtre avait mené une double vie, qu’il avait eu des enfants et menait grand train grâce aux dons de ses fidèles.

« Le Vatican n’était pas seulement au courant des pathologies de Maciel mais il les a tolérées et les a cachées », accuse Bernardo Barranco, expert des questions religieuses et auteur de la préface du livre.

Bernardo Barranco a présenté cet ouvrage de 255 pages samedi à Leon, ville du centre du Mexique où Benoît XVI se repose après son long voyage en provenance d’Italie.

Parmi les éléments avancés dans le livre figure une lettre adressée en 1979 aux autorités catholiques par John McGann, évêque de Rocksville Center à New York. Ce dernier cite le témoignage de Juan Vaca, un Légionnaire du Christ affirmant avoir été victime d’abus sexuels de la part du père Maciel depuis l’âge de 13 ans.

John McGann a déclaré à un responsable du Vatican présent aux Etats-Unis que Juan Vaca avait « soulevé de graves questions au sujet de la stabilité du père Maciel » dans un témoignage écrit remis à des responsables de l’Eglise.

Une autre lettre datant de 1954 décrit en détails comment le père Maciel s’injecte de la morphine.

Le fondateur de la Légion du Christ a été soupçonné pendant des années mais, en raison notamment du soutien du précédent pape, Jean Paul II, il n’a pas été officiellement mis en cause par l’Eglise jusqu’en 2006, date à laquelle Benoît XVI lui a demandé de se retirer dans une vie « de prière et de pénitence ».

Benoît XVI s’est attaché à rencontrer des victimes d’actes de pédophilie à Malte, aux Etats-Unis ou encore en Australie, mais aucun entretien de ce type n’est prévu au Mexique, où le pape séjourne jusque lundi.

« Nous avons demandé à le voir et nous espérions qu’il s’assiérait avec nous comme il l’a fait dans d’autres pays. L’Eglise dit qu’aucune victime ne l’a sollicitée, ce qui est un mensonge supplémentaire destiné à protéger les prêtres toujours en activité », a déclaré Jesus Romero, qui dit avoir été agressé sexuellement par un prêtre catholique à l’âge de sept ans.

Le père Jorge Martinez, de la conférence épiscopale du Mexique, a dit qu’il serait difficile pour le pape de modifier son programme mais que le message qu’il adresserait à la jeunesse évoquerait les souffrances provoquées par la violence.

Benoît XVI doit célébrer dimanche une messe à laquelle sont attendues des centaines de milliers de fidèles. Il se rendra à Cuba lundi.

Fondée en 1941, la Légion du Christ est une puissante congrégation particulièrement implantée dans le milieu des affaires au Mexique. Elle peut revendiquer le soutien de Carlos Slim, l’homme le plus riche du monde.

Elle dirige des écoles et des organisations caritatives dans 22 pays via un réseau de 800 prêtres et 2.500 séminaristes. Elle s’appuie sur le mouvement Regnum Christi, qui compte environ 75.000 membres.

Source :La Une

L’Orient-Le Jour

OLJ/Agences | 25/03/2012

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/751519/Une_affaire_de_pedophilie_assombrit_la_visite_du_pape_au_Mexique.html